Qu’aimeriez-vous pouvoir dire à la personne que vous étiez à 20 ans ?

Proposition quotidienne de rédaction
Qu’aimeriez-vous pouvoir dire à la personne que vous étiez à 20 ans ?

20 ans ! Félicitations ! Tu y es enfin arrivé, ce moment dont tu as rêvé toute ton enfance. Ça se fête et je sais que tu vas fêter ça avec ta copine et des copains.

Tu es enfin cet électron libre que personne ne peut saisir. Tu es grand, plus grand que dans tes attentes et ton air mystérieux fait que t’as grave la cote auprès des nanas.

Ni l’État, pour qui tu n’es rien de plus qu’un nombre codifié, ni tes parents qui, avouons-le, n’en ont rien à foutre de ta gueule, ne vont te dire ce qui suit.

Mais attention, nous sommes les premiers à savoir que tout a un prix. Et le prix de notre insouciance se paye très, très cher. Demande-moi, aujourd’hui je tiens un foyer avec toutes les responsabilités qui vont avec.

Ouais mon gars, t’as la bague au doigt. Je sais que dans ta tête de rebelle, c’est tout bonnement impensable et pourtant nous y sommes. J’ai déjà des cheveux gris sur mon crâne, ma barbe…

Les enfants m’appellent systématiquement monsieur. La police ne m’arrête plus…

Monsieur tout le monde dans le pire des pays du monde !

Oui, nous sommes capables de bien des choses. C’est certain. Oui, dès demain, si tu veux, tu crées quelque chose de si singulier. Sauf que ce demain-là, il faut le préparer… et ça, à vingt ans, on l’oublie vite.

Surtout quand à côté on a des potes perchés, des drogues à tout-va, de l’alcool et des spliffs comme complément alimentaire. Surtout quand aucune famille ne te tendra la main pour te sortir de là. Surtout que même plus tard, et tu le sais, ils t’abandonneront sans la moindre hésitation.

Et devine quoi champion ? C’est exactement ce qu’il va se passer. Une copie de ton imagination mais ancrée dans le réel du quotidien. Crois-moi, tu n’y es pas préparé.

Je sais que maintenant ta vie n’est ni belle ni mauvaise, tu as vingt ans, tu as attendu ça toute ta vie. Bien sûr qu’on réussira, peu importe ce qu’il nous en coûte. Mais le temps n’attend personne, et nous non plus, il ne nous attendra pas.

Alors rêve grand. Plus grand encore que tu ne le fais maintenant. Imagine, attire, capture, crée, donne vie. Nous avons bon cœur, mais ne ferme pas les yeux pour supporter des gens mauvais. Crache-leur dessus et oublie-les. Tous, même eux. Tu serais bien choqué d’apprendre ce que je sais.

Mais chaque chose en son temps. Si je peux te dire un truc, c’est ceci : ce n’est pas dans ta tête. Tu n’as jamais eu personne. Ton rapport avec l’Unique n’est pas le fruit de ton imagination, bien au contraire.

Prie avec plus de rigueur, toujours avec plus de synchronicité et d’honnêteté. Continue ta route et sois sûr et certain de ceci : sur le plan humain, tu n’as pas une seule personne sur qui compter. Contrairement à tous ceux que tu fréquentes : tu es bien le seul à être dans cette situation.

J’avais promis d’user du feu avec prudence. Mais mon site est un appel quotidien, alors me revoilà, le temps d’une réponse.

Finalement : crois-moi mec, il vaut mieux créer dans la quiétude et la béatitude qui nous sont propres. Que dans un environnement où tu dois fixer tant de choses, parmi elles ta propre personne. On a la peau très dure mais nous restons humains. Alors écris à t’en péter les doigts et lis à t’en vider les yeux.

Voilà ce que j’aurais dit au Omar de 20 ans. Ce jeune fou si brillant et si prometteur. Je lui aurais simplement dit de continuer d’avancer et surtout de ne pas croire naïvement avoir des humains sur lesquels compter.

Il était plein d’espoir malgré le cynisme. C’était hier.

Aujourd’hui il est parti. Il ne reste plus que moi et le cynisme.

Omar.



2 réponses à « Qu’aimeriez-vous pouvoir dire à la personne que vous étiez à 20 ans ? »

  1. vous avez toute la vie devant vous

    Aimé par 1 personne

    1. Oui ! Ce qu’il en reste en tout cas.

      J’aime

Laisser un commentaire