Ils ne viennent peut-être pas du futur. Mais notre époque, elle, fuit le présent.

Ils ne viennent peut-être pas du futur. Mais notre époque, elle, fuit le présent.

Depuis quelques semaines, une rumeur étrange circule autour de morts et de disparitions touchant des scientifiques, des ingénieurs et des profils liés à l’appareil d’État américain. Défense, espace, nucléaire, propulsion, laboratoires sensibles, et parfois cette vieille nébuleuse OVNI qui attire tout ce que notre époque compte de peurs, de fantasmes et de soupçons.

Parmi ces cas, revient celui d’Amy Eskridge, chercheuse américaine associée aux sujets d’antigravité, morte en 2022 d’une blessure mortelle officiellement considérée comme auto-infligée. Lors d’un appel Zoom de trois heures, elle disait subir des pressions constantes liées à ses découvertes sur l’antigravité.

Il ne s’agit pas ici de prétendre savoir exactement ce qu’il s’est passé. Ni de croire aux raccourcis faciles, encore moins aux certitudes sorties d’un thread mal digéré. Mais une rumeur, même fausse, peut parfois révéler quelque chose de vrai.

Et ce que cette histoire révèle, ce n’est peut-être pas l’existence de voyageurs temporels, de programmes secrets ou d’hommes venus corriger la ligne du monde. C’est notre incapacité croissante à accepter que le chaos puisse n’avoir aucun visage.

Être né dans les années 90 est un cas particulier.

Récemment, j’en parlais à ma femme : comment cette génération précise, à laquelle j’appartiens, est passée d’un monde qui prônait le mérite, la singularité, la méritocratie, à un cirque qui récompense grassement le ridicule. D’un monde sans Internet, aux lampadaires jaunes et aux rues désertes à 20h, à ce drôle de monde aux lumières blanches, aux rues pleines de vie même à 1h du matin. D’un monde où l’injustice était monnaie courante, à une injustice hiérarchisée, élitiste, presque administrative.

Ceux qui sont nés après l’an 2000 n’ont connu que ce monde illusoire où vivre n’a presque plus de sens et où le mot d’ordre semble être celui-ci : « fais ce que tu veux et amuse-toi autant que possible ».

Un amusement qui se transforme lentement en une lassitude grisante et assassine. Un monde qui récompense les malfrats et condamne les crédules. Et des crédules, dans ces huit milliards de têtes pensantes – pour la plupart – il y en a à la pelle.

Internet reste pourtant l’outil de communication et de connexion mentale entre toutes les générations. Un lieu absurde, glauque, surprenant, parfois très humain. Un lieu où toutes les générations peuvent discuter de sujets divers et variés. Des sujets, comme toujours, instrumentalisés avant même leur apparition. Un cirque. Une pièce de théâtre tragicomique, où les comédiens jouent dans une tempête.

Comme souvent, les Américains ont un sacré talent quand il s’agit de créer de l’engouement pour tel ou tel sujet. Et récemment, alors qu’ils sont engagés dans une guerre froide technologique, militaire et informationnelle avec plusieurs puissances rivales, les cowboys ont déclassifié des documents sur les OVNI.

Dans le lot de ces documents déclassifiés, ou plutôt dans le bruit médiatique qui les entoure, se rajoute un cas très particulier : celui de plusieurs scientifiques touchant à l’aérospatial, à l’énergie avancée, au nucléaire, à la physique ou à la défense. Quelques-uns ont un lien direct ou indirect avec la propulsion, l’antigravité ou la communauté UFO/OVNI.

Il s’agit donc d’une série d’une dizaine de cas – parfois élargie en ligne à davantage de noms – mêlant scientifiques, ingénieurs, chercheurs, techniciens et profils liés à des institutions d’État américaines, à la défense, au spatial, au nucléaire ou à des laboratoires sensibles.

Et c’est précisément là que l’époque se révèle.

Car il suffit de quelques morts, de quelques profils liés à des secteurs obscurs, de quelques mots comme « propulsion », « défense », « antigravité », « OVNI », pour que l’esprit moderne reconstruise immédiatement une structure invisible.

Il lui faut un plan. Une main. Un groupe. Des hommes venus du futur. Une correction de la ligne temporelle. Une vérité cachée derrière la vérité officielle.

Peut-être parce que le chaos pur est devenu insupportable.

Peut-être parce qu’admettre que des hommes meurent, disparaissent, se brisent ou sombrent sans grande architecture secrète derrière eux est plus terrifiant encore que d’imaginer des voyageurs temporels dans les coulisses de l’Histoire.

Les P47, les P52, les programmes noirs, les documents déclassifiés, les scientifiques morts, les OVNI : tout cela forme une matière parfaite pour l’imaginaire contemporain.

Selon une théorie Reddit douteuse, Amy Eskridge aurait été tuée par l’un de ces deux groupes « d’aliens », qui ne seraient pas du tout des aliens, mais des humains venus du futur. Précisément à 47 000 ans et à 52 000 ans du présent.

Les uns auraient survécu en habitant sous terre pendant des millénaires. Les autres auraient trouvé un moyen de survivre à la surface. Les deux groupes seraient capables de voyager dans le temps et le feraient très souvent pour corriger certains événements, ou pour s’assurer que l’événement catastrophique qui aurait divisé l’humanité en deux groupes (événement qu’Amy aurait prédit pour 2028) se produise bien.

Personne ne sait réellement s’il s’agirait d’une catastrophe naturelle, nucléaire ou autre. Mais, paraît-il, elle serait si destructrice que très peu y survivraient.

Ce qui ressemble à tant de fictions vues, lues ou déjà entendues est aujourd’hui une théorie « complotiste » à laquelle de nombreux crédules croient. Ou comme ils diraient : croivent.

Au-delà du fait que cette époque débordante de connaissances produit parfois des individus profondément ignorants, il y a dans ce vomi SF quelque chose d’intéressant. Quelque chose de presque intangible.

La temporalité unique.

Quelque chose à laquelle, moi, homme musulman, je crois.

Car le temps ne se résume pas à vingt-quatre heures de soixante minutes, elles-mêmes composées de soixante secondes. Il ne tient pas dans un cadran posé sur votre poignet. Il est unique, linéaire, multidirectionnel. Il nous échappe. Il nous dépasse. Il nous traverse.

La servitude humaine contemporaine, cette course effrénée derrière l’argent, les écrans, les obligations et les plaisirs programmés, fait que nous ignorons presque tous ce concept pourtant fascinant : celui d’une temporalité unique.

Évidemment, seul Allah en détient les secrets et la connaissance complète. Les humains d’un autre temps, s’ils existaient réellement, n’en posséderaient sûrement qu’une infime portion. Une poussière de vérité arrachée à un océan qui ne leur appartient pas.

Ainsi, le fait que des gens croient en la théorie absurde des P47 et P52 révèle quelque chose de plus profond : l’humain moderne, perdu et surstimulé, sait que les gouvernements mentent. Il sait qu’il existe des vérités cachées, des manipulations dans l’ombre, des dossiers enterrés, des puissants protégés, des récits fabriqués pour calmer le troupeau.

Mais au lieu de supporter cette intuition brute, il construit une cathédrale grandiose. Une cathédrale imaginaire où de nouveaux fidèles viennent, en masse, apporter leur pierre au délire collectif.

Dans ce panier de théories douteuses, une idée semble pourtant contenir une part de vérité assez puissante pour séduire presque tout le monde : le voyage temporel supposerait qu’une temporalité unique, sans passé ni futur au sens où nous les comprenons, existe bel et bien. Et que l’humain pourrait peut-être s’y mouvoir comme on surfe sur une vague.

Le timing ne pouvait pas être meilleur.

Après le plus grand scandale pédo-criminel de notre époque, où des noms puissants ont gravité autour de l’île Little Saint James de Jeffrey Epstein, où toutes sortes d’horreurs indicibles auraient eu lieu, l’Occident continue pourtant de faire semblant. Une côte MAGA mourante, une droite complètement timbrée et ouvertement raciste, une crise des opioïdes sans précédent, une guerre ouverte avec l’Iran, une crise économique mondiale qui se profile, et la chute symbolique des pays arabes du Golfe.

Une situation géopolitique alarmante. Des divisions constantes entre les peuples d’un même pays. Des crises partout. Des morts innocents en Palestine, en Syrie, au Liban.

Puis, comme par miracle, la déclassification de documents sur les OVNI en plusieurs parties, avec une première salve que les internautes décortiquent comme s’ils cherchaient la vérité unique. Une vérité qui, dans ce monde, semble ne plus exister.

Aucune justice pour les enfants violés, mangés, torturés par des ordures encore en liberté. Pire encore : parfois installées au sommet d’une puissance mondiale qui débande rapidement. Aucune sanction contre un État voyou qui provoque la discorde, attaque ses voisins et poursuit un dessein messianique absurde, encouragé par la fausse idée d’être un peuple élu.

Sûrement élu par Satan. Et là-dessus, le monde entier (littéralement) semble d’accord. Même les athées. Même les agnostiques.

Des distractions. Un false flag évident en approche, comme j’en parlais déjà sur ce même site il y a deux ans. Une situation géopolitique mondiale désastreuse. Des guerres absurdes, des morts inutiles, du sang versé en milliers de litres.

Seul Dieu est capable de changer la donne, quand Il décidera que le moment sera venu. Car Allah est grand, et Lui seul décide de l’état de l’univers qu’Il a si merveilleusement créé.

Heureusement qu’Il est là. Qu’Il veille sur nous. Nous, bande d’ingrats enclins depuis toujours à nous abandonner aux plaisirs, aux illusions et à l’absurdité. Nous qui sommes sauvés par Lui tant et tant de fois, sans même comprendre l’étendue de Sa miséricorde.

Quand on voit l’état du monde actuel, assommé par le gain immoral et fini à l’ammoniaque du vice charnel, on se dit que si l’homme avait réellement les clés de ce monde et de cet univers, il en ferait un dépotoir encore plus grand qu’il ne l’est déjà.

Animaux entassés, tués de manière inhumaine avec des machines en fer froid. Jungles rasées. Océans plastifiés. Humains plastifiés. Tous imbus d’eux-mêmes, ne pensant aucunement au bien commun.

Oui, cette théorie loufoque, très faible, voire pas du tout crédible pour de vrais chercheurs de vérité, met le doigt sur une corde sensible et réelle à mes yeux : le temps n’est pas du tout ce que l’on croit. Et la matière non plus.

Il n’y a pas de voyageurs temporels. Il n’y a pas d’aliens humains. Il n’y a probablement pas de P47 ou de P52 venus corriger la ligne du monde.

Mais l’humain moderne se meurt d’enfin trouver une vérité cachée. Car bien qu’il soit totalement déboussolé, perdu, abruti par les écrans et noyé dans les récits contradictoires, au fond de lui, il sait pertinemment qu’on lui ment, qu’on le manipule et qu’on l’utilise.

Pourtant, il ne se révolte pas.

Pourtant, il courbe l’échine et paie plus cher sans sourciller.

Pourtant, il se fout du bien des autres.

Ah, l’humain. Cet être fascinant, vivant dans un système pyramidal et élitiste. La vérité n’appartient pas à la plèbe. Et celle détenue par l’élite n’est souvent rien de plus qu’un mensonge murmuré par Satan le maudit.

Cet être enclin, depuis le début, à sombrer dans l’incompréhension. À créer des effigies pour satisfaire son imagination. À se jeter dans la luxure pour satisfaire sa sexualité. À choisir la bestialité pour résoudre ses conflits.

Mais de toutes les civilisations, aucune n’a été aussi divisée, manipulée et instrumentalisée que la nôtre.

La tournure actuelle que va prendre cette conscience universelle qui nous relie tous risque d’être un tournant majeur dans l’histoire de l’humanité. Une division encore plus profonde brisera l’humanité en deux. Et cette fois, il n’y aura aucun retour en arrière.

Ce sera la foi pure contre la folie institutionnalisée.

Personnellement, je connais déjà mon camp. Et j’espère de tout cœur y voir l’humanité, sotte et orgueilleuse, dans son entièreté. Car c’est l’unique salut.

Quitte à vivre une vie misérable, autant s’assurer une éternité paisible, dans des jardins somptueux sous lesquels coulent des rivières cristallines.

Omar.



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