Je claque la porte des abysses.

Voilà qu’un moment est passé. Rien de bien inhabituel jusque-là. Il y a presque un an, j’écrivais avec conviction que j’étais en semi-paix. Quelle balle dans le pied m’étais-je encore tirée ?

Je m’étais condamné à une paix qui se voulait incomplète tandis qu’en réalité, je n’étais qu’un aveugle de plus, marchant sur terre sans éprouver une grande gratitude envers mon Seigneur. Pourtant, ses bienfaits n’ont fait que pleuvoir sur moi depuis une crise émotionnelle des plus dévastatrices. Curieusement, mes émotions avaient pris le dessus, chose qui, ma foi, ne me ressemble aucunement.

J’étais comme pris dans une tempête de pensées et d’émotions qui n’apportaient avec elles que destruction.

Depuis, je vis seul, puis plus aussi seul que je ne le pensais. Ce site en est témoin : j’ai pris un chat, puis deux. Me suis mis en concubinage, puis me suis marié. Le tout dans une tempête silencieuse, loin de ceux que j’aimais le plus.

Puis, le temps d’une cigarette aromatisée au cannabis, je suis reparti là où j’ai cru devenir un homme : les abysses. Le cerveau cocktailisé et une démarche pleine d’orgueil, me voilà à nouveau tâtant le fond des abysses.

Je regardais vers le haut, espérant toujours voir la lumière, celle qui fit véritablement de moi un homme. Et le temps d’un bain psychédélique au fond d’un marécage vaseux, quand je regardais vers le haut, la lumière était toujours là.

Bien que moins lumineuse, elle m’appelait encore, quand satan le maudit me murmura : « Ne regarde plus en haut. Tu es à l’aube de tes trente ans, penses-tu vraiment que la lumière voudra encore de toi ? » Dans un rare moment d’une grande sensibilité, je l’ai malheureusement cru, puis la lumière s’est éteinte.

On pourrait croire qu’après cela, je m’étais mis à l’aise dans cet endroit familier, mais une fois de plus, je ne voulais qu’une chose : en sortir.

Comme Sisyphe, il fallait à chaque fois que je pousse cette énorme pierre jusqu’en haut de la montagne. L’addiction, le rejet, l’amour, l’envie d’être meilleur, la dureté de ne pas l’être instantanément, puis les drogues, les abysses et les faux copains.

Bien sûr, je n’ai jamais arrêté la prière, témoin de ma faible gratitude. Je pensais que cela suffirait, mais là où j’ai cru être sur un chemin certain, je ne faisais que glisser en jetant la main, espérant qu’on me sauverait.

Je fus sauvé, comme toujours, par l’Unique, mon Créateur et aussi le vôtre, que vous l’acceptiez ou non. Une simple fracture après une chute en moto, dans un contexte cependant particulier, et me revoilà calmé de toutes mes ardeurs.

J’en avais clairement besoin, et Lui seul sait qui je suis, comment je fonctionne, la couleur de mon cœur, de mon âme, de mon aura… Là où d’autres ne comprendront pas, moi, j’ai compris le cadeau inestimable qu’Allah m’avait fait, à seulement vingt petits jours de mes trente ans.

Puis je les ai faits, ces trente ans, cet âge qui me paraissait si lointain enfant, encore faut-il se souvenir de son enfance. Heureusement, j’avais acquis certaines choses, même si le diable voulait les faire disparaître à mes yeux. Je ne voyais plus tous les bienfaits de mon Seigneur, ne m’intéressais plus à ma passion, l’écriture, j’avais abandonné mon podcast et étais retombé dans des cercles douteux.

Comment, d’ailleurs, un homme musulman pourrait-il être l’ami des francs-maçons ?

Enfin, c’est impossible, surtout quand cet homme musulman donne à l’amitié une valeur qu’elle n’a plus dans ce monde capitaliste et cannibale.

Comment pouvais-je me plaindre de quoi que ce soit quand mes frères et sœurs meurent en Palestine, au Congo et au Soudan ?

Le diable est certainement le plus grand ennemi des bien-guidés ! Quand des pensées nouvelles apparaissent dans votre être, assurez-vous de savoir si elles viennent de vous ou si elles émanent du tout premier « hater » de la création !

En tout cas, me voilà avec ma cheville fracturée, en train de quitter les sentiers battus où je fus toujours dirigé de manière inconsciente. Mais la volonté d’un homme est toujours plus forte quand il l’accompagne de l’amour de son Créateur.

Je claque la porte des abysses. J’ai trente ans, un foyer et un livre colossal à finir. Je n’ai rien perdu du tout et, mine de rien, ce que j’ai gagné est inestimable.

Je remercie Allah et ma femme, qui est en réalité un véritable soutien affectueux. Désormais, je marche humblement pour me diriger vers la mort, en faisant le bien, en pensant bien et en sortant une bonne fois pour toutes de tout ce petit monde satanique qui m’aura détruit encore et encore, espérant voir en moi une fin tragique.

Seulement voilà : moi, je me confie à Lui, ai peur de Lui, L’aime de tout mon être et, à mon plus grand bonheur, Il ne m’a jamais abandonné.

Revenez vers Allah de votre vivant, avant qu’assurément vous ne reveniez vers Lui avec des regrets, et accrochez-vous à votre foi en l’agrandissant, en la dorlotant comme un précieux cadeau inestimable.

Croyez-moi, c’est en effet un cadeau qui vaut bien plus que ce triste monde pervers et tout ce qu’il pourra vous offrir à l’époque de toutes les perditions étatisées et instrumentalisées.

Ça faisait un bail. Personne ne le dira, alors bon retour à moi sur ce drôle de site, témoin du web du parcours d’un jeune homme qui rêve, espère, sombre et revient vers la lumière. Là où il aimerait voir le reste de l’humanité.

À bientôt,

Omar.



Laisser un commentaire