La Chute des Nouveaux Empereurs

Qu’est-ce que la faiblesse face à la force ?

Qu’est-ce que la faiblesse ?
Manque de vigueur, d’énergie ; incapacité à résister, à se défendre : être d’une faiblesse coupable avec quelqu’un.
Littérairement : impuissance à résister aux tentations, aux passions, en particulier à l’amour ; manque d’emprise sur soi-même : la faiblesse humaine.

Qu’est-ce que la force ?
Vigueur physique d’un être animé, capacité à fournir un effort physique ; énergie : elle n’a pas la force de déplacer l’armoire.
Ou encore, moyens violents, contrainte exercée pour obtenir un résultat : avoir recours à la force.

Que de vagues descriptions pour deux choses pourtant contraires et distinctes : la faiblesse, c’est la mollesse ; la force, c’est la fermeté.
En résumé, être fort, c’est bander dur ; être faible, c’est bander mou.
Je comprends donc mieux ce sentiment de toute-puissance suivi d’un sentiment de faiblesse.

Je m’appelle Omar, et je suis un individu assez spécial.
J’ai passé les douze dernières années de ma vie à ne faire que ce que mes envies me dictaient, ce qui est bien faible pour un homme.

Il n’y a qu’à voir Néron, cet idiot mal famé, et le destin tragique qu’il a connu.
Sa chute n’a pas seulement emporté sa personne, mais toute une civilisation.
Ah, Néron… Un enfoiré de vicelard comme on n’en fait plus.
Je suis moi-même friand de beauté et de tendresse féminine, mais de là à tuer mère et épouse… je ne crois pas m’adonner à de telles ignominies, combien même ma Poppée serait radieuse.

Si je cite Néron, c’est parce qu’il me semble être le cas le plus documenté d’un homme à qui la vie a offert le pouvoir sur un plateau d’argent, et qui, trop vicelard et grand amateur d’arts, a préféré devenir le personnage principal de sa propre comédie dramatique.
Ce qu’aujourd’hui on appelle « l’arc du personnage principal » (merci aux animés), un événement que tout le monde vit.

Néron, c’est l’original de toutes les copies actuelles ; les enfants-rois d’aujourd’hui, hommes et femmes, sont autant de petits Néron.
S’intéresser à son histoire, c’est prédire son propre destin.
Certes, nous n’avons pas Rome à gérer, mais notre arc est bien réel, et nous pousse à être plus Néron que Néron lui-même.

À mes yeux, Néron est la personnification d’un homme fort en apparence, mais profondément frêle à l’intérieur.
Pourquoi ? Parce qu’il n’a jamais su résister aux tentations ni à la passion enivrante de l’amour et du plaisir charnel.

La force, selon un hurluberlu bien spécial, c’est :
opposer une résistance farouche à tous ses désirs inutiles (ils le sont tous), être une personne fiable en toute circonstance, avoir une grande dose d’humilité, et surtout être réellement bon sans rien attendre en retour.

Dans ce monde où toute chose possède son contraire, la faiblesse, c’est :
ne pas opposer de résistance à ses désirs, car des désirs assouvis illuminent l’âme ;
ne compter que sur soi-même ;
ne jamais croire que l’on peut compter sur d’autres ;
ne se donner humainement à personne d’autre qu’à soi-même.

La faiblesse, c’est se désintéresser à ce point du sort des autres que l’on finit par brûler son propre empire.

Notre époque est faible.
Constat amer mais véridique.
Elle prône l’individualisme, la liberté modérée qui permet l’immoralité, règle sa morale selon ses bons vouloirs.
Notre époque est assassine, et l’on s’y perd facilement.

Moi, je le sais.
Mais cela ne m’a pas empêché de revêutir la tenue hideuse de l’égoïsme viscéral sponsorisé par la mondialisation et le consumérisme infini.
Merci Oncle Sam !
Cependant, ce n’est pas le chemin que je choisis.

Un beau matin, dans ma résidence en bord de mer, je me réveille pour trouver une capture d’écran d’une conversation ayant eu lieu quelques années auparavant sur une page « meme » Facebook.
Qu’une bande d’ignorants touche-bite se foute de ma gueule, peu importe.
Ce screenshot, bien que simpliste et très beauf, avait eu l’impact recherché : attiser un mélange de curiosité et de dégoût auprès de l’interlocutrice auprès de laquelle j’essayais de me racheter.

Car une fois de plus, laisser derrière moi l’image d’un égoïste viscéral n’est pas le chemin que je choisis.

La faiblesse, c’est de ne jamais se rendre compte qu’on l’est.
Un mélange de luxure et de mélancolie, et vous voilà victime d’une sorte de revenge porn pudique qui ne dit pas son nom.

La force, c’est d’accepter cette revanche inutile, de comprendre que cet acte n’était que la parole d’une âme brisée.
Alors je m’excuse d’avoir brisé l’âme de qui que ce soit.
Dans ma faiblesse inculquée, je me croyais fort, mais aujourd’hui je sais que c’était l’inverse.

Je n’étais en réalité qu’un Néron de plus, grandi dans la soif moderne où vivre comme un empereur du Ier siècle est devenu la norme, poussé par des adultes peu scrupuleux à croire que j’étais l’élu.
Élu de quoi ? Je n’en sais toujours rien.

Un nombrilisme brutal qui faisait que les gens croisés en chemin ( à part quelques rares exceptions) n’étaient pas des individus mais des objets, présents par mon bon vouloir.

Désolé d’avoir été programmé pour être Néron.
Sincèrement, je m’en excuse.

J’ai déjà brûlé mon empire.
J’ai déjà tué ma mère d’inquiétude.
J’ai déjà assassiné ma dulcinée (briser l’estime de soi d’une personne revient à la tuer).
Je me suis déjà jeté en pâture au public, pensant que des inconnus auraient quelque chose à branler de mon existence aussi insignifiante et vide de sens que la leur.

J’ai « Néroné » jusqu’au paroxysme.

Aujourd’hui, ma route est différente : elle n’est plus binaire, elle est nuancée, comme ma vision du monde.

Connaissez-vous le son What a Wonderful World ?
Un classique, aussi bien de la musique contemporaine que de la pop culture.
Un son serein et terre-à-terre, qui réveille en moi une humanité profonde, surtout depuis que je maîtrise la langue de Shakespeare.

Néanmoins, il y a une partie que j’aimerais changer : remplacer « wonderful » par « hideous ».
Cela ne touche en rien à l’intégrité du son ni aux intentions de son producteur, mais cela donne une image plus brute de la réalité.
Ce monde est aussi beau qu’il est hideux.

Et puis, en véritable Néron, je me permets de donner mon avis avec la certitude d’avoir raison.

N’est plus Néron qui veut…
C’est aussi ça, d’avoir été façonné inconsciemment par une élite sioniste qui, il y a cent ans, a décidé de ce que serait le monde d’aujourd’hui.
Une élite qui a fabriqué autant de petits empereurs mégalomanes, pyromanes, hideux et insignifiants.


Barakate Omar



2 réponses à « La Chute des Nouveaux Empereurs »

  1. de Néron a l’élite « sioniste » vous ya allez fort…

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    1. Pourquoi donc, cher Sylvain ?

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Répondre à Sylvain-Louis Aaron D’Hornoy Cavagnon Annuler la réponse.