Cela fait longtemps que je ne suis pas revenu.
À quoi bon.
Mon habitation n’est pourtant pas loin de ta cité.
J’ai revisité mes vieux démons.
Conclusion : t’éviter un temps.
Comme Ulysse, même loin, je ne pense qu’à toi.
Une reine nymphe n’y changerait rien.
Je reste fidèle à moi-même.
Un connard ordinaire.
Voilà comment commence le texte d’un homme qui revient.
À qui s’adresse-t-il ?
Sa femme ?
Une passion ?
Aux dernières nouvelles, il avait vaincu ses tentations.
J’écris comme une apnée du sommeil.
C’est bon signe.
Je reflète le vrai dans l’imaginaire.
Ou l’inverse.
Là où le vice est versatile,
le vaillant ne marche plus.
Il patine.
Nouvelle année triste.
Les humains démoniaques révèlent leur nature sans honte.
Le déclassement total des Epstein files a surpris le monde.
Pas moi.
Je connais la nature hideuse de l’homme.
Ses vices ne sont pas versatiles.
Ils sont constants.
Mes tripes sont aguerries.
Pourtant, un e-mail m’a retourné l’estomac.
J’ai passé des années à courir après des choses.
Destructrices.
Rarement salvatrices.
Une seule demeure.
L’écriture.
Là où l’on voulait me condamner sans appel,
elle m’a sauvé.
Celle d’Idris.
D’Hénoch.
Une écriture née pour transmettre.
Presque immortelle.
Presque intemporelle.
Elle s’est divisée, travestie, réinventée
pour accompagner un humain supposé rationnel.
Supposé.
Ces e-mails, déclassifiés par la justice américaine,
posent une question simple :
l’humain pense-t-il vraiment ?
J’étais condamné.
Avant même de le savoir.
L’écriture m’a sorti de là.
Je lui dois tout.
Alors je rends.
Ce projet verra le jour
tant que la vie animera ce corps malade.
C’est à elle que je parlais
dès la première ligne.
Revenir après avoir déconné offre deux choix :
rire et nier,
ou tenter maladroitement de recréer un lien.
Je choisis le ridicule honnête.
Pas l’élite.
L’élite de quoi, d’ailleurs.
De la diablerie institutionnelle.
Que ces révélations fassent tomber deux criminels
ou provoquent une avalanche,
peu m’importe.
L’Unique sait.
Moi, je rends à l’écriture
ce qu’elle m’a donné :
l’espoir d’un lendemain rêvé,
puis bâti.
Je regarde la chute des autres à distance.
Indifférent ici.
Solidaire là.
Je mène ma barque.
Comme Ulysse quittant Calypso.
Musulman,
je ne crains ni Poséidon
ni Satan.
J’écris ici.
Quitte à payer un domaine.
Autant y déposer
quelque chose de vrai.
Omar.

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