Quelle drôle d’idée que de se battre pour avoir raison.
La raison, si elle existe encore, n’a pas besoin qu’on la réclame.
Moi, j’ai fait trois ans dans un entonnoir. Pas de science-fiction : un abîme concret, du temps avalé sans excuses. Pas de trou de ver. Un entonnoir.
Je vis suspendu, entre un désir qui m’érode et une colère qui compte ses heures.
Je parle peu ; quand je parle, c’est pour marquer la ligne.
La raison est raisonnable, dit-on.
Alors pourquoi les tièdes prospèrent-ils ? Pourquoi ceux qui ferment la bouche passent-ils pour sages ?
On m’a mis sur la touche. On m’a observé comme un numéro, jugé comme on jauge une pièce.
J’ai été ridiculisé, déshabillé par des regards, écrasé par des rires muets.
Je ne réclame ni pitié ni reconnaissance. Je réclame compte. Simplement.
Pas une explosion théâtrale, une décision froide, prescriptive, détaillée.
Si quelqu’un m’a aidé ces trente dernières années, ce fut une présence ténue : un mot, un geste, une lueur qui revenait.
De loin, très loin.
Je ne la nomme pas pour que vous la pleuriez ; je la garde pour moi comme on garde une arme prête.
Je jure par Allah et par mes deux bras : je me prépare.
La foi n’est pas consolation ; c’est discipline.
La raison n’est pas un trophée ; c’est un instrument.
Paix ou guerre, peu m’importe.
Je veux que la justice, petite d’abord, fasse trembler les imposteurs.
Sortons des prisons mentales. Avançons. Pas pour sauver le monde seulement pour le mettre à sa place.
Je commence à viser…
La raison ? C’est mon viseur.
Omar.

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