Tempo.

Swish. Fiou. Le temps file.
Mon tempo est nul, celui de Dieu sans faille.
Alors pourquoi l’homme enraciné se lève soudain :
Vite ! Vite, il faut que j’y aille.

Loin, aussi loin que la plus reculée des campagnes.
Sans préparation. Sans bagage.
Et surtout : sans compagne.

Quoi de mieux que de se la lustrer
Quand le cyclope n’a pas pleuré depuis des années.
Pleure donc, borgne géant.
La poursuite de la femme mène au néant.

Ton tempo est nul,
Sûrement pire que le mien.
Nous autres hommes,
Nous sommes bien des chiens.

Trop froids, trop perspicaces.
Pas de ceux qui croient,
Pas de ceux qui se cachent derrière une moustache.

Je ne jure plus par personne,
Si ce n’est moi.
Si quelqu’un me sauve,
Ce sera encore moi.

J’ai beau gesticuler,
L’horizon ne se montre que cinq fois.
Parfois sept ou huit.
Jamais plus.

Dieu seul sait
Quand ce cauchemar cessera :
Vivre dans un monde las,
Qui ne parle qu’en mensonge
Et surjoue sa foi.

Que Dieu m’en préserve.
Je crois qu’il est temps.
Oui, il est temps de partir de là.

Omar.



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