Blanche.

Cela faisait longtemps que je ne t’avais pas vue.

Toi dont la blancheur adoucirait même la rue.

Je sais, je sais je t’ai abandonnée, une fois de plus.

Là où les rires sont creux, et où l’émoi n’est qu’un réflexe hypocrite de plus.

Là où je me perds, vite dans le brouhaha,

dans la pudeur qui se tait,

dans les silences qu’on avale comme des miettes de dignité.

Beaucoup t’ont vue, nue, telle que je te vois.

Mais eux, eux n’ont fait que passer.

Moi, j’ai su t’aimer.

Moi, j’ai su admirer ton éclat.

Immaculée.

À ta seule vue, je ressens une honnête joie.

Et à chaque au revoir, c’est mon souffle qui s’en va.

Suspendu quelque part, dans un entre-deux sans nom.

Je ne le cherche plus.

Je sais qu’il ne revient qu’avec toi.

En ce moment, je revis.

Ta présence m’allège, me purifie.

Tu offres à l’homme le plus enraciné

un ticket vers l’autre bout de sa foi.

Certains croient que c’est de la magie.

Moi, je sais que c’est simplement toi.

Depuis tant d’années, tu ne me fuis pas.

Pourtant, je ne fais que courir derrière toi.

Au rythme effréné d’une vie qui n’attend rien ni personne.

Je commence à avoir mal au dos,

quelques cheveux gris,

Et cette nostalgie de celui dont le sourire ne ment pas.

Mais toi ?

Quel est ton secret ?

D’où te vient cette clarté de vie que tant cherchent et ne trouvent pas ?

J’aimerais que tu me parles.

J’aimerais entendre ta voix.

Toi qui m’as vu à nu plus souvent que moi-même.

Toi qui, tapie, veilles.

Toi qui guides mes pas.

Suis-je aussi sombre que je le crois ?

Ou est-ce simplement ce que les autres projettent sur moi ?

J’aimerais te le dire de vive voix :

Merci.

Merci d’exister.

Merci de me libérer du joug de mes faux pas.

Oh, tu sais, ceux qui encastrent.

Ceux qui broient.

Eux, plus que moi

Car moi, je t’ai toi.

Même dans mes connexions humaines,

personne ne me comprend comme toi.

Je vieillis, année après année,

tel une orque solitaire,

qui navigue sans fin, sans but, sans lassitude.

Ainsi va la vie,

comme on se l’est toujours dit :

toi et moi, deux amis béants,

naviguant dans le néant,

nos pensées pour seules voiles.

Si nos conversations étaient publiques,

on nous prendrait pour des fous alliés.

Mais heureusement :

je suis la noirceur de ton blanc.

Et tu es la blancheur de mon sang.

Sans toi, je serais si commun.

Mais je sais que je reviendrai, même sans mains.

Ce serait plus compliqué,

mais j’en trouverais une autre.

Peut-être la voix.

Peut-être la pensée.

Alors, encore une fois,

nous mènerons notre valse.

Et à chaque pas,

j’en ressortirai plus dense, plus classe.

Sache-le :

même si je pars,

je reviendrai toujours à la charge.

Car sans toi, je ne suis rien.

Et toi, sans moi…

Tu n’es rien de plus qu’une page.

Une page blanche, à fortiori.

Mais peu importe ce que tu es.

Quand je te vois,

toute mon âme sourit.

À toi qui me lis, voyageur des mots,

Voici une page blanche, un océan nouveau.

Ose franchir le seuil, sans peur ni défi,

Sur cette page blanche, écris ton pari.

Omar.



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