Ramadan sous les bombes : l’injustice criante et la justice divine.

Ce mois sacré est une bénédiction. Quand on est musulman, il se dégage de cette période de l’année une bienveillance ambiante ainsi qu’une atmosphère si paisible qu’elle en devient onirique.

Cela à condition, bien sûr, que notre cœur ne soit pas noirci par l’époque ou alourdi par le vice.

Avec le temps, j’ai su que c’était là l’unique moment de l’année où je pouvais vivre au jour le jour sans la moindre inquiétude mondaine. Les imprévus ? Quel mal pourrait atteindre un musulman pendant ce mois béni ? Le mal ? Tout le mal invisible disparaît pendant cette période. La mort ? Qu’elle vienne, car chaque musulman espère partir pendant ce mois sacré où le pardon de l’Unique se déverse sur ses esclaves au quotidien.

Alors je vis chaque jour pleinement, l’esprit tranquille, quoique facilement irritable. Rien n’arrête cette atmosphère si particulière, et il faut le vivre pour le comprendre.

Tandis que moi, et vous aussi probablement, vivons ce mois avec béatitude, mes frères et sœurs meurent sous des bombardements dernier cri. Des enfants, des femmes et des vieillards, tous ceux que notre religion interdit d’attaquer en temps de guerre, se font annihiler par l’ennemi dans un silence alourdissant.

Un ennemi bien trop détestable et démoniaque, pourtant soutenu par la première puissance mondiale, fraîchement gouvernée par un psychopathe sénile et un autiste sous kétamine qui détruisent toutes les institutions de leur pays pour y créer présumablement un chaos, mais surtout un moyen de s’assurer de garder tous les pouvoirs en faisant tomber toutes les institutions pouvant les renverser.

Et si seulement c’était là l’unique puissance mondiale soutenant cet État satanique et ô combien diabolique… Tout le monde ferme les yeux tandis que ceux d’enfants innocents pleurent quotidiennement.

Si ce n’est par la peur, c’est par la faim. Si ce n’est par la faim, c’est par l’angoisse. Et si ce n’est par l’angoisse, c’est par tristesse et désespoir.

Qui soutient donc la Palestine ? Qui donc, à part les Houthis du Yémen, ose attaquer directement cet ennemi exécrable ? Personne.

Je n’ai jamais eu aussi honte de ma vie d’être arabe, un mot qui, en réalité, ne veut plus rien dire. Le diable a eu le monde. Nous sommes désormais tous le même individu : cupide, menteur, perverti, malhonnête, dont l’unique but est la satisfaction de ses plaisirs malsains et l’assouvissement de ses désirs douteux.

Alors bon, les dirigeants sont bien à l’image de leur « peuple ». C’est pour ça qu’on est gouvernés par des lâches, cupides, menteurs, malhonnêtes et pervers.

Cette injustice ne veut pas s’arrêter, et nombreux sont ceux qui lèvent leurs mains vers le ciel et prient Allah pour que ce génocide cesse.

Mais Allah AWJ sait ce que l’on ne sait pas, et Lui seul est Le Sage.

Donc je prie pour ces martyrs qui, par cette injustice violente et écrasante, auront droit à quelque chose de bien plus estimable que ce monde et tout ce qu’il contient.

Finalement, ce sont eux les justes, ceux qui n’ont jamais courbé l’échine, le regard enflammé d’un courage que n’ont que ceux qui ne craignent que l’Unique. Un regard farouche aux traits arabes, eux qui ont su garder l’originalité de leur espèce.

Quelle tristesse que d’être un homme dans la fleur de l’âge, enchaîné à un système divisé en frontières qui condamne à ce que j’aime appeler la liberté soumise. Je ne peux aider d’aucune manière qu’en priant pour eux. C’est ce que je fais, c’est ce que nous faisons tous.

Ce mois béni les emporte, et nous sommes spectateurs. J’y vois là une allégorie sublime de l’incompréhension humaine face au dessein divin. Pourtant, ceux qui ont la vision savent parfaitement ce que je veux dire.

Cette injustice ne sera jamais impunie. Les sionistes ne le savent pas, ou peut-être s’en moquent-ils avec leur ridicule complexe de supériorité. Mais dans tous les cas, ils n’en sortiront pas victorieux. Tôt ou tard, la justice divine les rattrapera.

Rien, absolument rien, ne justifie qu’on attaque des civils sans crier gare. Et je me moque des arguments, de l’avis de quiconque oserait dire le contraire.

J’espère honnêtement ne jamais avoir devant moi une personne qui oserait défendre ce génocide, car je n’aurais aucun contrôle sur moi-même.

Assurément, de par le monde, je ne suis pas le seul.

En ces dix derniers jours d’un mois béni qui, chaque année, passe comme l’éclair, des innocents s’envolent loin de ce monde gouverné par de si fragiles humains qui, de tout temps, ont toujours été mauvais, fourbes, cupides et vicieux.

C’est ainsi, c’est cela la dualité de l’humain qui vient de naître : il peut être une personne merveilleuse et incroyablement humble, tout comme il peut être un démon sans âme ni cœur, qui ne s’arrête devant aucune morale et brave tous les interdits (et cela, très souvent, jusqu’au paroxysme de la malsanité).

Nous sommes encore là et nous assistons, malgré nous, à un génocide perpétré par un État sans foi ni loi sur une population innocente et en sous-nombre. Si on ne peut y aller physiquement, nos cœurs, eux, sont là-bas, et nous souffrons tous avec eux.

Nous brûlons de l’intérieur, un feu qui, sûrement un jour, se transformera en véritable brasier, qui ira brûler les responsables et tous ceux qui les ont soutenus.

Alors gardons espoir et soyons heureux pour eux. Eux pour qui les portes du Paradis sont d’ores et déjà ouvertes.

Pour ceux qui le font : que ce Ramadan vous soit béni et accepté.
Pour ceux qui ne le font pas : puissiez-vous un jour ressentir cette atmosphère si particulière.
Et pour le reste : n’oubliez jamais la Palestine.

Barakate Omar.



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