Ai-je forcément quelque chose à dire ?
Je me dirige vers où ? Ça, je sais : surtout pas vers le pire.
Fumer de la beuh, c’est doux, je l’avoue.
Mais les démons se déguisent en douceur et nous attirent avec des rires.
Qu’est-ce que ça fait d’être un ancien toxico ?
C’est entre la fierté et le KO.
Il est très dur de se situer dans cet espace, comme Luther qui ne sait pas ce qu’il fait sur la lune.
Je ne sais pas si vous avez la réf, mais qu’il soit parti ou pas, sur Terre on n’en rate pas une.
Sur cette planète, nous ne sommes plus que des êtres sortis des abysses,
Plus mauvais encore que le diable, ses sbires et tous ces vices.
Moi, j’ai choisi ma route. Glisser n’est pas une option, et je ne perdrai pas l’équilibre pour un caprice.
Le temps qui passe est passé, et les habitudes destructrices, je les ai jetées.
Pourquoi utiliser toujours la même recette pour un repas fade qui fut jadis un délice ?
Pourquoi s’accrocher à ce souvenir délicieux au lieu de trouver la recette du merveilleux ?
Je ne parle pas d’une recette improvisée.
Je vous parle de votre propre plat succulent, qui, immanquablement, vous montera vite à la tête.
Alors allez-y, le changement n’est pas si mal,
S’il vous permet de quitter la route des abysses, quitte à avoir un appétit de chacal.
Après tout, nous mourrons tous un jour. Vous et moi sommes proches,
Et il n’y a nul besoin de vous appeler « mes amours ».
Je ne sais plus si c’est mon père ou Hassan II (il est dur de les différencier) qui avait dit :
« La véritable démocratie, c’est la mort ! »
Plutôt lugubre comme expression mais si vraie. C’est notre destination finale.
Elle aussi sera tout aussi violente que la série de films du même nom.
Ça partait en poème, voilà que c’est un texte.
Je ne m’en plains pas. La vie va vite, alors si vous êtes perdus : adaptez-vous bon sang !
Serrez vos strings dans vos fesses flasques et arrêtez de pleurnicher.
Écouter du Bob Marley est l’unique habitude que j’ai gardée de mes années de folie.
Comprendre ses paroles est bien meilleur que de ne suivre que le rythme entraînant de sa musique.
Avant, je ne comprenais pas, trop pris par des pensées charnelles et des envies d’extase.
Trop pris aussi par des problèmes imaginés et des soucis fantasmés (pas toujours mais souvent).
Un bon toxico comme on n’en fait plus !
Cependant, je l’avoue, je n’ai jamais manqué ni de drogues, de sexe ou d’amis.
Une vie trépidante, chaque jour en suspens. Ça aurait été mieux si, à la longue, ça ne menait pas à cette idée : c’est décidé ce soir, je me pends.
À l’aide d’une corde, d’un backflip par le balcon, peut-être un tir accidentel au club de tir, ou quoi que ce soit d’autre. Un toxico a toujours l’esprit débordant d’idées, même dans ces moments-là.
Enfin bref, je suis toujours là ! Bien vivant et accompagné non pas d’un mais de deux chats.
Qui l’aurait cru ? Sûrement pas moi, et indubitablement, je préfère les chiens.
Sûrement parce que j’en suis un aussi.
Je suis un canidé humain, l’apex même de l’évolution mondialiste capitaliste cannibale.
Cependant, je suis entre le bon toutou et le méchant chien de garde.
Qu’est-ce que je garde ?
Mon troupeau d’idées lumineuses, et les rares êtres qui me sont chers, dont ces deux chats d’ailleurs.
Je suis même certain que je les prends pour ma progéniture tant ils me causent du tracas à chaque sortie quotidienne de mon habitation en bord de mer.
Blague à part, je suis content d’être toujours en vie, et de passer par ces tempêtes, à chaque fois plus humble et plus humain.
Sans ça, à quoi sert la vie ? Être un connard poursuivi par le diable et guidé par des envies et plaisirs malsains ?
Ah oui, il y a la mort aussi, elle qui ne rate aucun d’entre nous.
Elle peut me choper à tout moment : sur ma moto, en voiture, en s’attaquant à mon cœur titubant après tant de folies et d’injustices qu’une âme juste n’a jamais su accepter.
Alors je me dis qu’il faut toujours être de ceux qui aident, sourient honnêtement, et ne mentent pas à l’époque des plus grands mythos de l’histoire avec un grand H.
Cette lettre m’a toujours inspiré la croisée des chemins.
Si j’ai un enfant, je l’appellerai H, garçon ou fille. H, c’est bien, car sa naissance sera le fruit d’une croisée des chemins, à l’époque linéaire qui essaie de faire de nous tous le même individu.
Moi, je l’emmerde, et j’emmerde quiconque se permet de dicter le début de mes libertés et la fin de leurs limites,
Dans cette époque effrénée qui n’en possède aucune, si ce n’est des lois bonnes à n’être appliquées que sur les plus démunis et les moins instruits. Très souvent, ces deux traits collent aux mêmes individus.
Estimez-vous heureux de vivre et d’avoir un semblant de libre arbitre, bientôt vous perdrez même cette illusion.
Moi, je serai quelque part dans une ferme à vivre de mes récoltes, à copuler avec ma fermière dans une béatitude propre aux premiers humains.
D’ici là, je vous dis à bientôt, chers curieux(ses).
Barakate Omar.

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