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En effet il est drôle de grandir briser et de soudain remarquer.

Remarquer l’humour particulier et la tristesse ambiante dans mon pays.

Mon doux Maroc, ma chère patrie !

Je t’ai longtemps haï et pour cause ;

Tu as fait mal a tous, à ma naissance la société était en ménopause.

Alors je ne pouvais que remarquer les fractures existantes,

Celle d’un Omar qui depuis toujours au pré de son peuple paraissait étrange.

Les inégalités et l’analphabétisme se faisait ressentir,

La haine, les vols, et les meurtres augmentaient de pire en pire.

La télé américaine et française nous faisait rêver

Nous les enfants nord africains « gâtés ».

Grandissant aliéné devant elle nous n’avions plus d’yeux pour notre pays.

Les choses ont bien changé pour les nouvelles générations, peut être étions nous simplement maudits.

Quinze années plus tard en demi-finale de la coupe du monde

Entre nous, qui diable l’aurez prédit ?

Personne je vous l’assure,

Pourtant mon pays a hissé le drapeau de l’africanisme haut dans le ciel

Et fièrement nous les marocains l’avons brandi.

Cela ne contribua pas à la diminution de ma haine,

Elle qui était déjà diminuée aussi loin que je m’en souvienne.

Après tout mes compatriotes ne sont-ils pas aussi bienveillants que fourbes ?

Ne sont-ils pas aussi soumis que faussement fiers ?

Ne sont-ils pas des schizophrènes obsédés se voulant religieux ?

Ne sont-ils pas d’ignobles personnages sans cœur ?

Ne sont-ils pas de vaillants peureux ?

Ma foi comment ne pas s’amuser de leur sort et plaindre leurs journées binaires ?

Attention je ne suis pas si vil que ça je préfère rigoler pour ne pas assassiner leur estime de soi.

Si longtemps la colère me submergeait, a chaque nouvelle histoire,

Chacune de leur anecdote sonnait dans ma tête comme un cauchemar.

Et pourtant l’enfant étrange se plia en quatre pour rentrer avec eux dans une quelconque boite de sardines.

Il abandonna sa fierté pour des vagins puant la vieille moule, des meufs qui sans vraiment le faire tapinent.

Que pouvait-il donc devenir si ce n’est un des leurs ?

Quelle ne fut donc pas son amusement en remarquant que ces cultures d’autres pays

Ne sont en réalités qu’un fruit plus pourri et inhumain que ce qu’il avait bêtement fui ?

L’herbe est toujours plus verte ailleurs, sombre idiot.

Le monde est pourri le mal est le même et il est partout.

Lui qui voulait fuir au Mexique croyant avoir bonne allure avec sa moustache sous un sombrero…

En réalité nous sommes tous l’outil du destin des autres.

Qu’ils soient bons ou mauvais n’est ce pas dans la collectivité que l’on apprend de nos fautes ?

De ce fait peu importe que ce soit mon pays ou un autre un homme n’est pas sa patrie,

C’est la patrie qui est faite des Hommes qui la composent.

La mienne est sympathique, je l’aime sincèrement car elle laisse réussir ceux qui osent.

Les médisants y auront toujours droit de vie,

Ils y seront en sécurité et bien nourris.

Mais comme je l’ai déjà dit ceux là je ne les fréquente pas

Et je n’accepterais jamais ni leurs paroles ni leurs vilenies.

Barakate Omar.



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